Un blog français sur le phénomène Divergent, aussi passionnant que passionné.

Divergente 3: Repousser les limites!

Total Film vient de faire un article sur Divergente 3 dans son édition de mars 2016 et le blog quarante2minutes en a réalisé la traduction! Découvrez l’article du magazine ci-dessous!

allegiant-divergent-saga-2.jpg

The Hunger Games est terminé, et c’est maintenant la saga Divergent qui commence sa révérence avec la première des deux parties du final qui met la barre haute et élargit l’horizon. Total Film s’est rendu sur le plateau d’Allegiant, alors que l’équipe fait face au monde au delà du mur – et au delà de la franchise…

Vous l’avez surement vu dans les promos : le moment où les héros de la saga Divergent : Allegiant, menés par Tris (Shailene Woodley), s’enfuient pour rester en vie, poursuivis par des forces encore jamais vues. Ils traversent un terrain, courent, courent jusqu’à un énorme mur de béton, le genre qui maintient les géants à l’extérieur. Voie sans-issue ? Pas vraiment. Ils s’en approchent, lancent des crochets. Ils courent jusqu’au sommet, 20 m plus haut. Une course vers le paradis. C’est pas mal comme action ?

« C’était un truc de fou » raconte Shailene Woodley, pendant une pause sur le tournage, les joues rouges. « On était suspendus dans les airs avec tous ces harnais et ces câbles. On a aussi fait des cascades de fou dans une carrière à ciel ouvert. On avait pas de harnais cette fois – c’était juste un peu d’escalade nécessaire. J’ai définitivement appris à aimer les films d’action différemment d’avant, du fait que les acteurs doivent faire face à de vrais traumatismes émotionnels et le manque de souffle. On a de multiples occasions d’être hors d’haleine et où on doit prendre une minute entre chaque prises parce qu’on risque de s’évanouir parce que nos poumons n’ont plus d’air mais qu’on doit faire comme si. »

En comparaison, cet après-midi de tournage à Atlanta à l’air plutôt facile. Woodley danse pour commencer, en chantant « Roxanne » de The Police, en attendant de faire une prise avec Naomi Watts, Theo James, Ansel Elgort et Miles Teller. Ce dernier, il faut le signaler, n’a pas arrêté de parler depuis qu’on est arrivés – il est drôle la plupart du temps, mais c’est à peu près impossible à retranscrire. « Il est marrant au début, soupire Ansel Elgort, théâtrale. Les 10 premiers jours. »

Nous nous tenons dans une grande pièce grise, avec des tubes qui pendent du plafond comme des spaghettis, ce même plateau avait servi à la scène finale d’InsurgentTris était prise en otage par Jeanine (Kate Winslet). Naomi Watts, qui joue la militante pour la liberté Evelyn, boite après s’être faite tirer dessus, et est soutenue par son fils à l’écran, James. Avec Shailene Woodley et Ansel Elgort, qui joue le frère deTris, Caleb, ils sont tous regroupés autour d’un panneau de contrôle à appuyer sur tous les boutons désespérément pour essayer d’arrêter la propagation du « gaz de mémoire » qui va vite noyer leur ville et détruire tous ceux qu’ils aiment. On voudrait vous en dire plus mais ce serait un gros spoiler, sachant quelle place occupe la scène dans les derniers actes d’Allegiant. Et puis vous savez, tout ça est un peu… brumeux.

Ce qui est clair en revanche, c’est que c’est le début de la fin pour la saga Divergent, la franchise pour jeunes adultes adaptée des romans deVeronica Roth. Ou en tout cas la première partie de la fin, puisque le dernier tome de Veronica Roth, comme Hunger Games, a été divisé en deux films : Allegiant et Ascendant en 2017. Les deux films concluront l’histoire de Tris Prior, qui vit dans un Chicago du futur où la société est divisée en 5 factions, et leurs citoyens classés selon leur personnalité à 16 ans. Élevée chez les Altruistes, Tris essaye de rejoindre les Audacieux, et se révèle finalement être une Divergente : personne qui ne peut appartenir à aucun groupe et est considéré comme une menace par le gouvernement des Érudits (intellectuels) au pouvoir.

allegiant-divergent-saga-1.jpg

En 2014, Divergent arrive en salles 2 ans après le phénomène Hunger Games (produit également par Lionsgate). Les thèmes étaient plus légers et plus variés, jouant la carte de la politique sociétale de l’école – être différent, s’intégrer – à grande échelle. Le ton aussi est plus jeune – la musique pop contre le rock d’Hunger Games, Ellie Goulding contre Arcade Fire. Certains critiques en ont profité : les répliques cyniques d’un trenblement culturel. Mais si Twilight nous a appris une chose (également produit par Lionsgate), c’est que certains films vont au delà du cynisme. Après tout, il y a une raison si Divergent et sa suite Insurgent ont cumulés dans le monde des recettes de 585.9 millions de $.

« Je pense qu’il faut laisser son scepticisme à l’entrée, dit Douglas Wick qui a co-produit la saga avec Lucy Fisher. Parce que Divergent est accessible et Tris se connecte différemment avec le public. Veronica Roth essayait vraiment d’exprimer quelque chose sur l’identité et la maturité, et cela influence beaucoup l’histoire. Je fais ça depuis longtemps et je peux vous dire que si vous partez avec l’intention de faire un blockbuster pour jeunes adultes, vous êtes voués à l’échec. »

Et en même temps, ils ne nient pas que faire deux films avec un seul livre n’inspire pas vraiment confiance. Évidemment, tout ça n’est qu’une conspiration dans le but de gagner plus d’argent ?

« Il y avait juste beaucoup de choses à raconter, rigole Lucy Fisher. On a eut un challenge avec chaque livre. Veronica a créée beaucoup d’intrigues et de personnages, on avait l’impression de ne pas leur rendre suffisamment justice. On s’excuse constamment auprès des acteurs de ne pas leur faire faire tout ce que leur personnage fait dans les livres, sinon le film durerait 5 heures. Donc il s’agit bien d’avoir le temps et la place de faire ça. »

Douglas Wick ajoute « On cherchait vraiment à faire une histoire propre. Et c’est pour cela qu’on a choisi ce moment dans les livres, parce qu’il est très climatique, c’était une vraie solution. » Il nous montre la scène que l’on regarde, quand le gaz a commencé à remplir la pièce, au grand damne de nos héros.

« Il y a tellement d’autres moments riches à explorer, continue-t-il. On a été surpris à quel point le public c’est lié à l’histoire de Tris avec sa mère par exemple. Il y avait aussi beaucoup de tensions à mettre entre Tris et son frère Caleb, qui l’avait observé se faire torturer dansInsurgent. Il y a Quatre (Theo James) et sa mère Evelyn (Naomi Watts), la relation de Quatre et Tris, le côté sombre de Peter (Miles Teller). Et s’il pouvait se racheter ? Sur une note plus tragique, il y a aussi la direction du personnage de Tris. Mais on aime pas en parler. »

Dirigé par Robert Schwentke (The Time Traveller’s Wife, RIPD) à qui l’on doit Insurgent, Allegiant reprend juste après la révélation que, ces 200 dernières années, le Chicago entouré de murs (et son système de factions) était en fait une expérience, et que le monde attend qu’ils s’aventurent à l’extérieur. D’où l’escalade précitée du mur de 20 m de haut. De l’autre côté une terre en friche brûlée par la Guerre de pureté. Le gouvernement pensait alors que les problèmes de la société venaient des mauvais gènes et commençait à les modifier, et cela a eu des conséquences désastreuses. C’est à cet endroit qu’ils rencontrent ceux qui sont derrière cette expérience – le bureau du bien-être génétique – et son leader David, joué par Jeff Daniels. Sans surprise, les choses ne se passent pas très bien, faisant virer le monde, une nouvelle fois, dans le conflit. Mais c’est le moment où la saga commence enfin à s’ouvrir, pas seulement en terme de cadre, de poids et de portée, mais aussi sur les thématiques.

« Ça parle beaucoup de manipulation génétique et de ce que ça pourrait engendrer dans le futur, raconte Shailene Woodley. Et je pense que ça vaut le coup d’en parler, surtout aux jeunes : pour qu’ils comprennent que les choix qu’ils font aujourd’hui se manifesteront d’eux-même un jour et le futur dépend de ce que l’on choisi d’autoriser aujourd’hui. »

Shailene Woodley parle souvent comme ça, dirigeant souvent ses réponses pour parler de l’environnement : les dangers de la fracturation hydraulique, l’avenir face au réchauffement climatique. Elle est, après tout, le genre de femme à chercher sa nourriture, fait ses médicaments avec des herbes et va à la montagne pour avoir de l’eau de source. Par contre elle ne live-tweet pas X Factor.

« Je me rappelle la première fois qu’elle a passé la porte, raconte Lucy Fisher de son personnage principal. Elle était si jeune et mignonne, on s’est dit ‘C’est bon, on a notre Altruiste. Maintenant il faut qu’on trouve le côté Audacieux.’ On lui a demandé ce qu’elle faisait ce week-end là, et elle nous a expliqué qu’elle faisait un kidnapping urbain où on te prend tes clés de voiture et ton permis et tu dois aller d’un endroit à un autre par tes propres moyens. Et voilà l’Audacieuse. »

Shailene Woodley a fait du chemin depuis Divergent et l’adaptation du livre de John Green Nos étoiles contraires, les deux en 2014 avec son collègue Ansel Elgort, elle se construit sur son potentiel précoce démontré dans The Descendants, jouant la fille de George Clooney. En tout cas, Allegiant n’appartient plus qu’à Tris. Son temps de présence est désormais partagé avec Quatre, ils doivent faire face non seulement aux tensions entre eux, mais aussi à la mère sans faction de Quatre qui dirige désormais Chicago après avoir tué Jeanine à la fin d’Insurgent.

« Les deux premiers films sont vraiment racontés à travers l’histoire de Tris« , explique Theo James, qui a été pris pour le rôle, juste après avoir fini le rôle qui a changé sa vie, M. Pamuk dans Downton Abbey. « On voit l’histoire de son point de vue, alors que dans le film on commence lentement à s’écarter et voir les choses avec leurs deux perspectives, ce qui leur fait se prendre la tête. Par exemple, ils ne sont pas d’accord sur le personnage de Jeff Daniels, David, par qui elle se fait draguer, mais Quatre voit clair dans son jeu. Et puis il y a sa mère à lui, dont il n’a pas eu de nouvelles pendant 20 ans, donc il l’a repousse. À la fin cependant il réalise qu’elle a des raisons d’être aussi froide. »

Miles Teller, qui incarne sans doute le personnage à qui l’on peut faire le moins confiance, Peter, est un autre des acteurs de Divergent à sortir de l’obscurité, après avoir ému les critiques en 2014 avec son rôle dans le thriller-jazz Whiplash. Il est brillant, polie et marrant ; ici, selon Theo James, il se sent comme à la maison.

« J’aime m’amuser sur le tournage, rigole-t-il. Tu te jettes à corps perdu dans une histoire et quand c’est fini, tu rentres chez toi, paye tes factures, prend une douche. Mais quand tu es sur le plateau, c’est une expérience qui libère vraiment. Pour moi, comme je commence à être reconnu, je commence à prendre conscience de quand je suis en publique. Comme quand je rentre dans un magasin et que je vois que quelqu’un prend une photo de moi ou me faire un signe pour me demander quelque chose. Mais quand tu es sur le plateau, personne n’essaye de te manipuler ou t’arracher une histoire pour les tabloïds. Tu peux être totalement toi-même. »

Un mois après avoir parlé à TF sur le plateau, GQ Magazine classera Miles Teller dans la catégorie « connard » dans une présentation (ça n’est pas notre cas), et le reboot des Quatre Fantastiques avec Miles Teller dans le rôle de Reed Richards, deviendra un échec reconnu, aussi bien commercialement que par les critiques. En parlant de franchise vs film d’auteur, il fait une remarque menaçante.

« Je pense que des films aussi gros sont vendus dans d’autres pays, et plein d’autres films plus petits que je fais, même s’ils sont très bien reçus par les critiques, c’est plus difficile pour eux d’aller plus loin. Les gens veulent toujours dire ‘Oh tu fais ça juste pour l’argent’ et ils te critiquent réellement pour ce que tu fais. Mais dans la réalité, oui il y a un moment où tu dois faire un film avec un studio pour t’acheter une voiture ou payer des factures. Payer ses factures avec son travail d’acteur est une prouesse. La plupart des gens n’y arrivent pas. »

« Je prends ce métier très au sérieux, poursuit-il. Les acteurs des années 1970 que j’adore (Pacino, De Niro, Hoffman) ne faisaient pas ces gros films adaptés des comic book. C’était différent. Les studios faisaient surtout des drames. Ça n’est plus vraiment le cas maintenant, donc il faut parier sur ce directeur en herbe parce qu’il a fait un film court et que le script est vraiment bon. »

Et pour Shailene Woodley ? En 2013 quand on lui a proposé la saga Divergent, elle hésitait à accepter une franchise à gros budget juste après avoir terminé son contrat de 6 ans dans The Secret Life of an American Teenager sur ABC. Elle trouvait la perspective d’un nouvel engagement sur 4 années « intimidant », et n’était pas sûre d’en vouloir la reconnaissance. Qu’en pense-t-elle maintenant ?

« C’était une bonne décision de le faire, dit-elle. Je n’ai jamais envisagé Divergent comme le film qui lancerait ma carrière. Si tu commences à considérer ton métier comme un outil pour te permettre d’aller ailleurs, tu en perds le côté artistique. Mais ce qui est beau quand tu fais une saga c’est que tu construis une famille, surtout avec tous ces acteurs. C’est tellement excitant de voir les carrières de chacun décoller, de se soutenir les uns les autres et avoir ce sentiment de confort. Mais c’est marrant… » Elle s’arrête, et ajoute dans un grand sourire « Il ne faut jamais dire jamais, mais je suis définitivement prête à ne peut-être pas faire une autre franchise tout de suite après. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s